Le corbeau, c'est Billou ^^ vous verrez un peu plus tard en quoi se transforment Georg et Tom : ) mais bon ce ne sont pas des animaux exotiques hein !lol
j'aime bien les suppositions que vous faites, ça me fait rire =D
Karen décida de faire un peu de shopping. Elle téléphona à Julia et elles se retrouvèrent en ville quelques minutes plus tard. Elles allèrent à Pimkie, Jennyfer, Camaïeu, Sephora et Claire's. Et c'est dans cette dernière boutique qu'elles rencontrèrent Lilli Spiegel. Une fille de leur classe, tout à fait ordinaire, si ce n'est qu'elle était la meilleure amie de Lena. Toujours pendue aux lèvres de cette dernière, et la suivant partout tel un petit chien, personne n'aurait été étonné d'apprendre qu'elle avait dressé un autel à sa gloire dans sa chambre. En voyant Karen, elle étouffa un cri, et se dirigea précipitamment vers la sortie. Elle oublia qu'elle avait toujours une trousse de toilette Hello Kitty dans les mains et l'alarme de la boutique retentit lorsqu'elle passa entre les bornes qui encadraient la porte vitrée du magasin. Aussitôt, un vigile lui agrippa le bras et lui arracha l'objet des mains. Sans vraiment réfléchir, Karen retint le bonhomme et s'écria :
"Elle est avec moi !S'il vous plaît, ne faites pas attention, c'est de ma faute...c'est ma cousine...elle est, heu, française et je lui ai dit qu'elle pouvait prendre la trousse parce que je la lui payais. Elle n'a pas fait attention...je suis vraiment désolée...
-Ah bon ?grommela le vigile, peu convaincu.
-Oui...je suis france. Je suis dans vacances avec ma cousine, baragouina Lilli.
-Bon. Mais faites attention, la prochaine fois."Karen laissa échapper un soupir de soulagement, puis elle entraîna Lilli hors du magasin. Celle-ci murmura un merci inaudible et s'empressa de filer. Julia secoua la tête en maugréant :
"Eh ben...elle est pas vraiment du genre reconnaissante."Karen haussa les épaules et elles continuèrent leur shopping. La jeune fille acheta des Converses jaunes, un T-shirt noir orné de smileys et un baggy militaire. Julia trouva un fourre-tout en toile. Elles restèrent encore une bonne-demi heure en ville, le temps de boire un Coca, puis elles rentrèrent chez elles.
Quand Karen arriva en cours, le lendemain, elle eut une surprise de taille. Lilli l'attendait près de son casier. Elle lui conseilla de ne pas l'ouvrir, car des garçons avaient mis des cafards morts à l'intérieur. La petite amie de Gustav eut un haut-le-coeur, puis elle remercia Lilli. Cette dernière baissa les yeux et répondit :
"Tu mérites pas d'avoir une croix noire. T'es une fille bien."Puis elle lui sourit et s'en alla. Karen eut un petit pincement au coeur. Jusqu'à présent, personne ne l'avait soutenue, à part Gustav et Julia. C'est pourquoi la gentillesse de Lilli la rendait heureuse. Elle n'aurait jamais pensé, auparavant, que l'attention de quelqu'un puisse lui être si chère. Comme elle l'avait dit à Gustav, le fait d'avoir "battu" Lena lui assurait une certaine tranquillité. Les gens lui lançaient des regards haineux, mais restaient à une distance respectable. Elle pouvait donc suivre ses cours normalement, ce qui n'était pas le cas, en général, des élèves ayant reçu une croix noire. Au détour d'un couloir, elle aperçut Julia et Georg qui s'embrassaient langoureusement. Elle rougit et fit demi-tour. La solitude commençait à lui peser. Comme si le destin s'acharnait contre elle, elle percuta Gustav qui venait en sens inverse.
"Sa...salut. Heu...ça va ?bafouilla le jeune homme.
-Oui, plutôt b..."Elle n'eut pas le temps d'achever sa phrase. Après avoir jeté quelques coups d'oeil par-dessus son épaule, Gustav la prit par la taille, l'attira contre lui et l'embrassa fougueusement. Elle en eut d'abord le souffle coupé, puis elle ferma les yeux et savoura cet instant.
"Gustav !"cria soudain une voix. L'intéressé releva la tête et fit passer Karen derrière lui en voyant Tom arriver à grandes enjambées. Il recula légèrement lorque le dreadeux s'avança vers lui, menaçant. Tom vociféra :
"Qu'est-ce que tu fous avec elle ?
-C'est ma copine, répliqua le batteur en haussant les épaules.
-Arrête !Tu n'as qu'à faire un choix : elle, ou nous.
-Elle ou toi, tu veux dire !s'énerva Gustav. Bill et Georg lui ont pardonné !Il n'y a que toi qui t'obstine bêtement, Tom !Je te répète qu'elle ne pouvait pas savoir !
-S...savoir quoi ?bafouilla Karen.
-Que cette ordure de Julian avait envoyé mon frère droit à la dépression !"hurla Tom, hors de lui. La jeune fille resta pétrifiée, paralysée sur place. Elle était trop choquée pour penser de façon cohérente, mais elle comprenait au moins une chose : Julian avait fait du mal à Bill dans le passé, et Tom ne l'avait pas pardonné. Elle se mordit la lèvre. Dire qu'elle l'avait aidé à se relever, et qu'elle avait injurié Bill !Seulement, elle était nouvelle, et elle ne connaissait donc rien de Julian. Il avait pourtant été si gentil avec elle dans le bus. Karen était nouvelle, c'était son premier jour, et le garçon l'avait un peu réconfortée en venant lui parler. Elle écarta doucement Gustav pour se retrouver face au dreadeux. Son visage était déformé par la colère. Il avait les sourcils froncés, les lèvres serrées. Ses yeux étincelaient.
"Je suis vraiment désolée, Tom...
-T'excuser ne sert à rien. Le mal est fait, gronda celui-ci.
-Tout le monde fait des erreurs...tu ne crois pas ?"tenta Karen. Légèrement décontenancé, Tom sonda le regard de la jeune fille. Et il ne vit que la vérité. La vérité, la bonté, la gentillesse mêlées. Il grimaça. Elle était franche. Elle ne disait pas ça parce qu'elle avait peur de lui, mais parce qu'elle le pensait vraiment. Il laissa échapper un soupir résigné et marmonna :
"Si, je crois que tout le monde fait des erreurs. Excuse-moi.
"Non, c'est moi qui te demande pardon. A toi et à Bill, surtout."rétorqua Karen. Elle admirait l'humilité de Tom. Reconnaître ses torts n'était pas chose facile. Surtout pour un garçon comme lui, plein d'assurance et plutôt orgueilleux.
Les cours terminés, Karen voulut récupérer les affaires qu'elle avait laissé dans son casier. Et tant pis pour les cafards morts, même si ils la répugnaient !Arrivée à hauteur des rangées de casiers, elle stoppa net : les quatre Devilish grattaient sa croix noire avec des canifs. Tracée à la peinture, elle finit par s'écailler avant de disparaître complètement.